L’ ENKELI

 

Quand, fatigué de voler maintes fois jusqu’aux portes de l’abime, l’ Enkeli tomba aux pieds de la Dame de la Glace Eternelle, Il y avait longtemps, qu’elle avait perdu l’espoir de voir rire  la Lune d’Octobre.

Il lui implora en silence de prendre soin de ses ailes souillées d’absinthe, de ses larmes douces et de la fille de ses entrailles et lui offrit en échange le blé mur, les fraises tendres et la crainte qu’il cachait entre ses cuisses.

Elle dit :

- Ne me regarde pas si bleu, ta lumière blesse mon obscurité.

El son cœur qui jusqu’à là était resté en silence, gémit de joie.

En suite, elle abattit les colonnes de sa grotte et ajouta :

- Viens, je couvrirai ta nudité, et attendrai patiemment que tes doigts fleurissent, et lècherai tes épines et laisserai que la douleur de tes hanches repose entre mes cheveux, car le désert de mon sein s’est réveillé face à te dents.

Et depuis ce jour l’Enkeli fût peu à peu, peu à peu, peu à peu…

 

 

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